Le métier de courtier financier

#1
Bonjour à tous.

J'interviens ici de temps en temps.
Ce que je constate souvent c'est que le métier de courtier est méconnu. Certains ne savent pas qu'il existe, d'autres ne savent pas à quoi sert un courtier.
Aussi, j'ai publié plusieurs articles. Présenter ce métier me semble important. Il faut savoir quel gain peut vous porter le courtier.

Pour un crédit, le premier réflexe aujourd'hui reste la banque, ou l'organisme financier.
Un courtier peut obtenir le meilleur financement en faisant jouer la concurrence.

En effet, en contact avec de nombreuses banques, nous connaissons les taux, les critères, les conditions... Nous préparons votre dossier et le défendons.

Prendre un revolving par exemple peut s'avérer coûteux, voire entraîner un endettement à long terme.

Le courtier vous conseille à propos d'un large éventail de solutions bancaires car nous avons tous les partenaires. Si un courtier vous déconseille un achat immobilier, mieux vaut ne pas insister, il a l'habitude de traiter ce genre de demande, faites lui confiance.

Le courtier intervient pour le prêt immobilier. Il recherche le meilleur taux, la meilleure solution. Dans le cadre d'une renégociation de taux également. La majorité des courtiers prend une commission. Mais il faut savoir que les banques nous rémunèrent, quelques uns ne prendront donc pas de commission auprès de leur client, se satisfaisant de la commission bancaire définie par un accord signé entre le courtier et la banque au moment de l'établissement du partenariat. Tout client doit signer un mandat, confirmant qu'il accepte que le courtier recherche pour lui un financement. S'il existe des frais, ils seront alors indiqués sur ce mandat, en totale transparence.

Le courtier intervient aussi pour le rachat de crédits, opération qui consiste à regrouper tous les crédits, pour ne plus avoir qu'une seule mensualité. Les crédits et revolving sont repris par une banque spécialisée ou de réseau, sur une durée généralement plus longue dans le but d'obtenir une mensualité plus basse. Cependant le rachat a bien évolué. Si quelques années auparavant le rachat sauvait des situations très délicates, à ce jour, les critères sont bien plus restreints. Mieux vaut prévenir que guérir !!!

Il ne faut plus attendre d'avoir de rejets, d'impayés, ou de fichage. En s'y prenant avant, lorsque les crédits se sont accumulés, que l'endettement devient un peu au dessus des normes, que des difficultés financières se font ressentir (plus d'épargne, moins de loisirs ou de sorties, découvert persistant...) il faut penser à assainir la situation.

Pour cela, le courtier, qui aura toutes les solutions, y compris votre banque bien entendu, mais au moins la possibilité de comparer, conseiller, et fournir une réponse adaptée. Certaines banques s'engagent à donner un taux plus bas au courtier. Les banques ont aussi des délais plus courts pour les courtiers. Sans oublier qu'un courtier, qui a les adresses de tous ses contacts, peut faire un dossier bien plus rapidement que tout particulier.

Il faut savoir également qu'il est inutile de multiplier les courtiers. Si un courtier a toutes les banques il peut faire le travail et chercher la solution auprès des financeurs. Mais plusieurs courtiers, c'est le risque de doublon, perte de temps, de confiance. Il est alors préférable, de faire soi même toutes les démarches (auprès des banques). Généralement les tarifs des courtiers sont proches. Pour un crédit immobilier, vous avez 1% du montant financé, le plus souvent, parfois des forfaits, et plus rarement, pas de frais. Pour un rachat, en consommation, c'est 5 % du montant financé. Un rachat hypothécaire de 4 à 8 % en moyenne. Mais là aussi 5 % reste la règle. Ces frais sont négociables, pour un crédit immobilier, et rachat hypothécaire. Mais bien souvent ne le sont pas pour un rachat en consommation. De même vouloir multiplier les courtiers pour pouvoir négocier le taux de rachat serait inutile. Aucune banque spécialisée en rachat ne négocie. Les taux sont fermes. Se sont les solutions éventuellement qui sont multiples, mais là aussi un courtier, pour bien faire les a toutes. Sachant qu'il y a peu de banques de rachat spécialisées, il serait contre productif de multiplier les demandes. Parfois un dossier, en fonction de son profil n'a qu'une seule solution. En rachat de crédits, c'est le profil qui indique la solution.

Avec le gain que peut vous obtenir un courtier, je pense qu'il est temps de faire évoluer et accepter cette profession. Si le courtier pose bien des questions sur les relevés de comptes, bulletins de salaires... C'est pour mieux connaître le client. Eliminer voire devancer, toute question de la banque.

Il est à noter que peu de demandes de rachat aboutissent. La majorité du temps, se sont des refus. Il est donc primordial de bien présenter le dossier. Et là aussi, un courtier, dont c'est le métier, peut apporter la différence.

J'espère avoir pu éclairer les personnes désireuses de s'informer sur ce métier.
Vous souhaitant bonne journée.
Cordialement.
 

Olivier

Administrator
SyTry Community
#2
Merci Muriel pour cette présentation. Pour les personnes souhaitant se lancer dans cette profession de courtier, auriez vous une idée des rémunérations pratiquées et de la formation que l'on doit avoir pour travailler dans ce secteur ?

Merci
Olivier
 
#3
Bonjour Olivier.

J'ai quelques personnes qui voulaient créer leur structure en courtage qui étaient venus me demander tout cela. Effectivement, ces informations sont souvent demandées.
Pour une personne qui veut devenir courtier, à ce jour, il n'y à pas de formation exigée. Il est conseillé d'être déjà formé à l'analyse de dossiers.
Les critères sont tellement nombreux qu'il serait imprudent de se lancer sans connaissance du milieu financier.
Les banques de rachat de crédits ont leurs critères. Les banques de réseau en ont d'autres...
Mieux vaut donc être formé pour analyser et préparer les dossiers de prêts immobilier et en rachat de crédits. (tout dépend aussi de ce que veut faire le futur courtier... Il y à les emprunts professionnels, et c'est un secteur encore différent. Les prêts consommation...).
C'est un minimum que d'avoir ces connaissances. La partie commerciale représente la base, pour chercher nos dossiers. Et là pareil, pendant la présentation, nous avons en face des banquiers, des assureurs, agents immobiliers. Ils préfèrent parler à une personne qui maîtrise déjà l'analyse des dossiers, plutôt que des commerciaux qui rentrent du dossier, sans savoir si celui ci sera faisable ou non.
Pour les rémunérations, comme je le disais précédemment :
En crédit immobilier : 1% du montant financé est commissionné par les banques avec lesquelles nous avons des partenariats. Donc généralement cela peut suffire au courtier. Attention, les banques ont des plafonds qui seront alors indiqués dans le partenariat.
Certains courtiers prendront des forfaits, voire 1 % du montant financé, au client (qui doit l'accepter en signant le mandat).
En rachat de crédit, cela va de 3 à 8 % du montant financé. Comptez 5 % en moyenne pour un rachat consommation. Idem pour la plupart des courtiers, pour le rachat hypothécaire ou cautionné. Certains courtiers n'hésitent cependant pas à appliquer 8 %.
Il est important d'être inscrit au fichier des démarcheurs, pour ce métier. De même nous devons avoir une assurance (RC PRO) qui couvre notre activité de démarchage et d'intermédiaire en opérations bancaires.
Il faut un partenariat avec les banques pour pouvoir être rémunéré par celles ci. Il n'y à pas de difficulté particulière pour faire les partenariats avec les banques de réseau. Par contre il est plus difficile de faire les partenariats avec les banques de rachat de crédits. Là aussi mieux vaut être du métier.
Nous sommes des milliers de courtiers. En rachat de crédits, il n'y à qu'une dizaine de banques spécialisées. Un marché donc très prisé, où la concurrence fait rage et fait face aux idées reçues, particuliers peu scrupuleux (je lis de tout sur le net concernant le rachat ou les crédits immobiliers...), sans compter les courtiers peu recommandables, qui malheureusement existent.
Enfin le courtier donne en général 70 % de refus en rachat de crédits. Beaucoup de demandes. Peu d'accords.
N'hésitez pas si vous avez d'autres questions. Je vous remercie pour vos questions qui rendent un sujet transparent (nos rémunérations). Pour ma part je ne prends pas de frais en crédit immobilier, et le minimum en rachat (5%).
Il faut que le client ait un, voire plusieurs intérêts à faire appel au courtier... ;)
Très bonne continuation pour votre forum. Et à bientôt.

Muriel
 
#5
Bonjour,
J'hésite à me lancer en auto entrepreneur dans le courtage de crédit immobilier, j'aurai eu quelques questions :

- A-t-on, en tant que courtier, la main pour faire les montages un peu "alambiqué" (ce qui me plait c'est de pouvoir optimiser les crédit avec des montages gigognes, optimiser les CEL/PEL etc), ou reste-t-on à la merci de conseillers bancaires incapables d'utiliser leur logiciel?
- Comment apprend-t-on les critères des différentes banques ? (celles -ci vous les communique lors de la signature d'un partenariat)?
- Combien à la louche coûte une RC PRO ?
Merci pour vos réponses

Yann
 
#6
Bonsoir Yann.

Et bien pour les montages en crédit immobilier, les simulations, tout dépend de votre logiciel.
Logiciels simples, et là le conseiller bancaire fait une simulation plus poussée. Logiciel un peu plus spécifique (payant) et là vous pouvez vous amuser.
Pour apprendre les critères des différentes banques, en général, quand vous démarrez, vous verrez le plus souvent au cas par cas avec les conseillers. Les banques envoient le plus souvent leurs grilles de taux. Mais pas les critères. Mieux vaut en général avoir fait un peu de crédit immobilier avant. Cela facilite les choses. Ceci dit j'avoue que j'apprécie aujourd'hui encore, de pouvoir demander aux banques des réponses sur des points spécifiques. C'est bien plus agréable.
Pour la RC PRO, tout dépend. Ca va de 600 à 800 € à l'année. Plusieurs assurances spécialisées le font.
Je vous souhaite une bonne continuation.
Bien cordialement.
 
#7
J'utilise mes propres programmes, avec excel et ses macros, l'achat d'un logiciel "officiel" est-il indispensable?
 
#8
Bonjour.

Non, aucune obligation.
Je n'ai pas de logiciel officiel.
C'est un logiciel, fait maison.
Cordialement.
 
#9
Et bien merci Muriel pour ces renseignements.
J'ai décidé de me lancer. Je conte mon aventure et mon expérience au travers mon blog :

agregfinance.blogspot.com
(garanti sans pub ni pop up).

Si cela peut servir à certains tant mieux.
 
Dernière édition:

BRIBRI

Membre Junior
#10
Bonjour,
Je confirme vos dires étant moi même en reconversion professionnelle, je crée mon entreprise de courtage en crédit immobilier et gestion patrimoniale, à cet effet, je souhaite effectuer un stage auprès d'une courtier pour parfaire ma formation, en contre partie je m'engage à prospecter de nouveaux clients, j'ai 42 ans, j'occupais la fonction de Responsable Commercial auprès d'un éditeur de logiciel. Si toutefois vous avez une piste, je suis preneur, je réside à Conflans Sainte Honorine, donc tout sauf département 95 et 78, y compris Nice et ses environs.
Merci
 
#11
Merci pour la description ! Je cherchais de l'info et je dois avouer que là ça aide vraiment à bien comprendre le métier de courtier.
Bonne journée.
 
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